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27 Novembre 2021

:: Nos éditos ::

Ils ont voté. Et après? (14/06/2011)

Il y a trente ans sur les bancs de l’Université, mon cher professeur de droit public François Perin, qui a longtemps surfé sur la plupart des courants politiques avant d’échouer sur les rives du rattachisme, avait lancé cette assertion en forme de boutade : « Il n’y a plus que cinq rois : le roi de cœur, le roi de trèfle, le roi de carreau, le roi de pique et le roi de Belgique». Aujourd’hui, le pays n’est plus qu’un nom et Albert II semble bien être encore l’unique ciment d’un ménage qui n’en finit plus de battre de l’aile. Une carte à jouer qui, il faut bien le reconnaître, a dans la population plus d’aura que la plupart des as qui composent parlements et gouvernements. Sans cette sympathie à l’égard de la royauté, sympathie qui se marque dans de nombreuses manifestations populaires, il y a longtemps que la Belgique aurait rendu son dernier souffle.

Un an jour pour jour après les élections législatives de 2010, notre pays est bien malade. Il n’a pas encore franchi la porte des soins palliatifs, mais campe aux urgences depuis trop longtemps. Au point que l’on ne parle même plus d’urgence puisque le gouvernement en affaires courantes (croulantes?) fonctionne sans trop de vagues, sauf qu’il n’a aucune légitimité démocratique pour prendre des décisions d’envergure et qu’il en prend quand même. Ce qui crée au gré des circonstances, des majorités qui n’ont plus nécessairement le contour de la coalition gouvernementale encore en activité. La Belgique est sous respirateur et on ne voit pas très bien d’où pourrait venir l’oxygène. Qui va ouvrir la fenêtre sur un compromis, le mot le plus célèbre du vocabulaire belge ?
 
Elio Di Rupo fut le premier à retrousser ses manches dans la foulée du scrutin d’il y a douze mois. Après avoir fait vainement tourner l’effectif, le Roi est revenu à la case départ. Di Rupo pourrait bien être le dernier :  ça passe ou ça casse. Il est cette fois formateur. Formateur de quoi? D’un gouvernement ? En tout cas d’une équipe de gens condamnés, le mot n’est pas trop fort, à s’entendre pour marcher de concert jusqu’aux prochaines élections, voire trébucher après seulement quelques mois et provoquer des élections anticipées. Les as dont nous parlions ci-avant n’y ont évidemment aucun intérêt. Car si scrutin avant l’heure il devait y avoir, tous sans exception y perdraient des plumes. Pour le plus grand bonheur des « petits » partis, mais comme les grands entendent qu’ils le restent, petits, ils n’ont aucun espoir à nourrir.
 
Et la Belgique, a-t-elle encore un espoir à nourrir ? On a du mal à le croire. Le Nord est plus que jamais flamand, voire flamingant. Les exercices de musculation linguistique s’accomplissent à toute heure du jour et de la journée. A se demander de quoi pourront bien parler les politiques flamands, une fois qu’ils auront acquis leur indépendance. Sur le plan des idées, la Flandre est bien à droite, voire plus. Le SP.a et Groen ! font ce qu’ils peuvent, mais ils ne pèsent pas face à la N-VA, le CD&V et l’Open VLD. Si cela ne suffisait pas, les patrons flamands en remettent une couche dès qu’ils peuvent, qui pour démolir la Wallonie, qui enfoncer les clous du cercueil des acquis sociaux.
 
Les ultimes recommandations européennes (réforme de l’index, limitation dans le temps des allocs de chômage, coupes claires dans les dépenses publiques, calcul de l’âge légal de la pension sur l’espérance de vie,…) vont dans le sens flamand et l’Olivier wallon (en gouvernement dans les entités fédérées, en négociations au fédéral) paraît bien seul dans ce contexte favorable à la déforestation de ce pourquoi nous sommes censés nous battre tous les jours. Nous battre, certes, même si là encore, voir 40.000 personnes faire la fête au Standard sur la place Saint-Lambert doit nous faire réfléchir  en se souvenant que la dernière manifestation contre l’Europe libérale à Bruxelles n’en a mobilisé que la moitié.
 
S’il arrive à une solution dans les prochaines semaines, Di Rupo aura bien du mérite. En cas d’échec, comme dans un couple, cela signifie la fin de l’histoire. Une histoire qui, au vu de ses multiples soubresauts, actuels et passés, n’a peut-être que trop duré.
 
Olivier Colot
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