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27 Novembre 2021

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Je ne sais rien, mais je dirai tout (31/01/2011)

Vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais de nos jours, la plupart des gens ont un avis sur tout et n’importe quoi, notamment sur les sujets dont ils n’ont aucune (ou alors très faible) connaissance. Allez donc demander au commun des mortels ce qu’il pense du réchauffement climatique, de la loi de financement, de la prolifération des pigeons sur la place Saint-Lambert ou de la composition de l’équipe nationale de foot, il ne vous dira jamais qu’il ignore tout ou presque tout du problème. Pour vous faire plaisir ou plus sûrement de crainte de passer pour un parfait ignare, il fera d’abord mine de réfléchir pour mieux vous servir une réponse entendue ou lue ailleurs. Le pire, c’est que souvent, il est convaincu de vous donner sa propre opinion. Il serait tellement plus simple, sans doute trop, d’avouer sans gêne : « Je ne sais pas, mon cher monsieur, je n’y connais rien ou presque».

Revendiquer un certain droit à l’ignorance dans un monde surinformé donc mal informé ne s’apparente pas à contracter une maladie honteuse. Se perdre dans les méandres du réchauffement climatique ou de la scission de BHV n’a rien de déshonorant. Par contre, et c’est là le nœud de ce billet, laisser ces matières à des spécialistes sans développer sa propre pensée critique est dommageable. Nous sommes cernés par les experts de tous poils dans tous les domaines. L’objet n’est pas de nier leurs compétences, voire leur savoir. Ils sont indubitablement les meilleurs dans leurs disciplines respectives. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’on doive accepter leurs affirmations ou leurs conclusions sans avoir sa propre lecture, d’autant que ces experts sont à la base des décisions orientant la conduite de notre vie quotidienne. Ces décisions étant prises par des gestionnaires politiques et autres ou par nous-mêmes, ce qui, dans ce dernier cas, est encore plus préoccupant puisque nous posons des actes nous-mêmes. Sans pouvoir donner l’excuse de les subir.
 
Les spécialistes ne sont pas sans faiblesses, ce sont des êtres humains comme vous. Ils peuvent dès lors ne pas voir venir certains événements, se tromper ou, ce qui est plus grave, les dissimuler tout en sachant leur caractère inéluctable. Des exemples ? L’Histoire récente en regorge. La Tunisie. Qui aurait dit voici un mois que le régime de Ben Ali vivait ses dernières heures ? Si j’ai bonne mémoire, je n’ai entendu personne avancer que la dictature vacillait dans ce pays. « Mieux », on a entendu le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui n’est apparemment pas le premier imbécile venu, soutenir, peu avant le renversement du régime, que « dire de la Tunisie, que c’est une dictature » lui semblait très exagéré. On croit rêver. Plus près de nous, les inondations qui ont suivi le dégel. Là encore, peu ou pas d’annonce préventive des crues et de leur cortège de dégâts. On a bien entendu le ministre wallon Henry (Ecolo) sur la prochaine mise en œuvre d’une réelle politique visant à éradiquer les débordements des cours d’eau. Allez donc dire ça aux riverains. Ils vous répliqueront que cela fait des décennies que l’on en parle, sans résultat concret.

Quand l’expert défaille, l’événement qui survient, on l’appelle une surprise. Elle peut être bonne ou mauvaise. A vous de voir. Ce que je n’ai pas vu l’autre jour, c’est l’éclipse du soleil. Monsieur Météo l’avait pourtant dit : « A Liège, c’est bouché, vous ne la verrez pas ». A l’heure dite, le ciel s’est éclairci comme jamais depuis des semaines. Surprise ! Sauf que je n’avais pas les lunettes ad hoc et que j’ai dû tourner la tête. Même en se trompant, l’expert avait quand même raison.

Olivier Colot
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