/TR>
Ecrivez-nous Accueil Indice Imprimer S'abonner A propos de nous... Nos autres sites www.6com.be Plan du site
Inscrivez-vous
L'actualité Edito; Vie syndicale 6cofiches Dossiers Liens

Bienvenue sur 6com.be
27 Novembre 2021

:: Nos éditos ::

L´Institutionnel et le Socio-économique (10/01/2011)

Outre le fait de savoir s’il fallait faire venir les libéraux à la table de négociations, la « grande » question qui semblait animer les débats de ce dimanche midi sur les chaînes de télévision belges francophones était de savoir s’il fallait discuter du « Socio-Economique » en même temps que de « l’Institutionnel ».
 
Comme si l’un n’était pas intimement lié à l’autre !
 
Devons-nous rappeler une nouvelle fois la genèse du mouvement régionaliste wallon ?
Quand, en 1961, André Renard affirme dans un article paru dans « Combat » intitulé « Je démissionne » que « Seul le fédéralisme peut créer les conditions favorables aux réformes de structure économique qui créeront elles-mêmes les conditions de l’expansion économique dans le progrès social. », il montre pourtant bien que le fédéralisme n’est pas un but en soi, mais bien le moyen pour la Wallonie d’obtenir enfin les moyens nécessaires à son développement économique et social !
 
Et cela partait d’un constat : les politiques flamands étaient en train d’accaparer l’ensemble des ressources de l’Etat encore unitaire au seul profit de la Flandre et au détriment de la Wallonie.
 
Et pour ceux qui douteraient encore de la justesse de son propos, je les engage à lire l’excellent ouvrage de Michel QUEVIT « Flandre – Wallonie : quelle solidarité ? » qui montre, notamment, combien la Flandre a profité de l’Etat Belgique durant les quatre dernières décennies.
 
A cet égard, l’exemple le plus éclairant est sans doute la répartition des moyens affectés dans ce que l’on appelait à l’époque « les secteurs nationaux » (il ‘agissait des secteurs du verre creux d’emballage, de la sidérurgie, du textile, des chantiers navals, des charbonnages et de l’énergie nucléaire) : entre 1959 et 1980, 114,662 milliards de francs belges ont été injectés par l’Etat dans ces secteurs ; seulement 23.3% de ces moyens sont revenus en Wallonie. Autrement dit, plus des trois quarts de ces moyens ont été affectés à la Flandre.
 
Je suis de ceux qui pensent qu’une partie du retard de développement économique de la Wallonie s’explique par le temps qu’il a fallu aux politiques wallons pour se rendre compte que seul un fédéralisme accru permettrait à la Wallonie d’avoir les moyens de mettre en œuvre des politiques appropriées à sa situation économique spécifique.
 
Et les premiers succès rencontrés par la mise en œuvre du « Plan Marshall wallon » ne sont évidemment pas là pour me contredire !
 
Alors, oui, évidemment, « Institutionnel » ne peut se réfléchir sans le « Socio-Economique ».
Et d’ailleurs, sur quoi donc achoppent maintenant les négociations en cours ? Sur le dossier « Bruxelles-Hal-Vilvorde » ? Allons donc ! Quelle personne sérieuse peut croire cela ? Ce dossier occupe simplement la place symbolique qu’occupait naguère le dossier fouronnais.
Les vrais problèmes ne sont pas là.
 
Quelle loi de financement pour les Régions (autrement dit, quels moyens d’action pour la Wallonie) ? Quel financement pour les Communautés (autrement dit, comment finance-t-on notre enseignement demain) ? Quel financement pour Bruxelles ? Mais aussi, quel financement pour ce qui restera de compétence fédérale ? Et donc, quel financement pour l’ensemble de la Sécurité Sociale ?
 
C’est là que se situent les vrais enjeux !
 
Et ne nous trompons pas : derrière les rodomontades des De Wever et consorts, outre les relents quasi xénophobes entretenus par une partie (importante) des Flamands à l’égard des Wallons, ce qui se cache réellement, c’est une vision de la société encore bien plus néo-libérale que ce que nous connaissons aujourd’hui. Leur objectif est bien le démantèlement de la Solidarité, de toutes les solidarités : entre Flamands et Wallons d’abord, mais aussi entre riches et pauvres, entre bien-portants et malades, entre jeunes et vieux, entre actifs et non-actifs…
 
Et c’est bien là que nous devons être le plus attentifs : nous, wallons, nous n’avons pas à nous laisser imposer une vision de la société que nous ne voulons pas sous le prétexte qu’une (très large) majorité de Flamands y souscriraient (80% des électeurs flamands votent pour des partis de droite, voire d’extrême droite depuis près de trente ans) !
 
Et ce, n’en déplaise aux nostalgiques de la Belgique de Grand-papa !
 
Bernard Bolly

Réagir?

 

Retour

Copyright © 2002 @beris.com
Telephone : +32 (0)4 349 07 05