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27 Novembre 2021

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Merde in France (22/11/2010)

L’inusable Jacques Dutronc a chanté « Merde in France, cacapoum, cacapoum ». Et c’est vrai que l’on est habitué aux cacas nerveux du président Sarkozy qui voit, quoi qu’il en dise, 2012 approcher à grands pas. Si la cloche de la campagne présidentielle n’a pas encore officiellement sonné, le locataire de l’Elysée a déjà tiré la chasse sur ses beaux principes de 2007 à l’occasion du remaniement ministériel d’il y a quelques jours.
 
Il convenait d’abord de  renvoyer à la maison ceux qui incarnaient l’entreprise de séduction menée à gauche, tels Bernard Kouchner ou Fadela Amara dont on voit mal après leur trahison comment ils pourront se recycler de manière crédible. Kouchner peut faire marchand de riz, Amara fonder une nouvelle association « Ni secrétaire d’Etat, ni… » Pour faire bonne figure, Sarko a gardé le « neveu », Frédéric Mitterrand, à l’inoffensif poste de la Culture.
 
Il fallait aussi liquider les ténors du « centre », cette sorte de droite molle typiquement française. Partent donc Hervé Morin et Jean-Louis Borloo, respectivement présidents du Nouveau Centre et du Parti radical. Borloo se voyait déjà Premier ministre, ce ne sera pas pour cette fois. Pour sauver la face là encore, le petit Nicolas a introduit deux personnages falots et peu médiatiques en les personnes de Michel Mercier, en congé du Modem de Bayrou, et de Maurice Leroy, porte-parole du Nouveau Centre.
 
Un petit coup de balai à droite ensuite en mettant au placard Rama Yade, la femme des Droits de l’Homme, coupable d’une liberté de parole peu en phase avec la monarchie républicaine où seul le président peut s’exprimer. Exit également Eric Woerth. Là, Sarko fait d’une pierre (en pleine tête) deux coups. Il éjecte le « vilain » qui a porté la réforme largement contestée des retraites ainsi que l’homme en délicatesse avec certaines affaires (Bettencourt,…) Au point qu’à peine évincé, Woerth fait déjà l’objet d’une enquête judiciaire, voire de plusieurs.
 
Il y a quand même des vainqueurs. François Fillon,  Fifi encouragé sur les ondes par ses parents (on croit rêver), reste à la barre du gouvernement. On ne sait trop à quoi Fillon passe ses journées puisqu’il n’a pas de vraies compétences, mais on en a vu d’autres qui, en ne faisant « rien », accédaient à la magistrature suprême. Michèle Alliot-Marie et Christine Lagarde sortent renforcées de ce remaniement aux allures quelque peu machistes. Mais le vrai grand gagnant n’est autre que l’ancien premier ministre de Chirac, Alain Juppé qui décroche la défense et dont tout le monde semble avoir oublié qu’il fut condamné à de la prison avec sursis et un an d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris.
 
Qu’en retenir ? Nicolas Sarkozy est fin stratège. Sauf surprise, il sera l’un des rares présidents, voire le seul, de la Ve république à avoir exercé son premier (?) mandat avec le même Premier ministre qui dirige désormais sa troisième équipe. En jouant temporairement la carte de l’ouverture, il a écarté le risque de la cohabitation avec une gauche plus divisée que jamais. Que cela plaise ou non, il peut balancer toutes les contre-vérités qu’il veut sans être contredit et surtout pas par des journalistes télé inféodés à son (immense) pouvoir. Le peuple peut descendre dans la rue pour contester ses réformes : il n’en a cure. A ce rythme-là, Sarko, s’il le souhaite, peut continuer à mettre l'Hexagone à genoux pendant encore un bon (mauvais) moment. Merde in France.
 
Olivier Colot    

 

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