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27 Novembre 2021

:: Nos éditos ::

Du résultat de la « Mère de toutes les élections » (02/06/2014)

La "Mère de toutes les élections" a donc livré ses résultats dimanche dernier. Ses résultats, mais certainement pas encore tous ses enseignements: ceux-ci ne pourront être complètement tirés qu'au vu des coalitions qui permettront la constitution des gouvernements. Les partis politiques susceptibles de participer à ces coalitions ont tous affirmé vouloir "aller vite". Les 541 jours de 2010-2011 restent encore dans toutes les têtes. Cependant, nul doute que plusieurs semaines seront sans doute nécessaires avant que tout soit en place. En attendant, il n'est pas inutile de revenir un moment sur les résultats du 25 mai pour livrer quelques réflexions à votre sagacité.

D'une part, en termes bruts, si le parti socialiste perd en voix et en sièges, son score n'est pas non plus le cataclysme que d'aucuns lui prédisaient, ou lui souhaitaient. Avec ses 23 sièges au Parlement fédéral (perte de 3), ses 30 sièges au Parlement wallon (gain de 1 siège) et ses 21 sièges (identique à 2009) au Parlement bruxellois, le PS reste premier parti à Bruxelles, en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles, et, en y ajoutant le résultat plus qu'honorable du sp.a (13 sièges, identique à 2010), la famille socialiste reste première au niveau du pays. Non, ce n'est pas une victoire, mais on est loin de la Bérézina annoncée.

D'autre part, la famille libérale n'atteint pas son objectif ne supplanter les socialistes à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le MR récolte 20 sièges au Parlement fédéral (+2), 25 sièges au Parlement wallon (+6) et 18 sièges au Parlement bruxellois (-6). Regroupée à l'OpenVld (14 sièges, +1), la famille libérale, avec 34 sièges au Parlement fédéral, est la seconde famille politique du pays, juste devant la N-VA (33 sièges). Cette N-VA donc, qui aura fait office d'épouvantail durant toute la campagne, continue sa progression, augmentant son nombre de sièges de 6 unités au fédéral et de 27 au Parlement flamand (43 sièges). Pourtant, au niveau du pays, elle n'est donc "que" la troisième famille. En revanche, elle est dorénavant ultra-dominante au Parlement flamand. Quant à la famille chrétienne, avec 9 sièges au fédéral pour le cdH (identique à 2010) et 18 pour le CD&V (+1), celle-ci se maintient donc en quatrième place au niveau du pays. À noter que le cdH, en maintenant son nombre de siège au Parlement wallon (13 sièges), redevient le troisième parti tant en Wallonie qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles, non pas qu’il progresse, mais qu’ECOLO s’effondre en Wallonie.

En effet, s'il faut parler de Bérézina, c’est sans doute au résultat d’Ecolo que ce terme convient le mieux : perte de 2 sièges au fédéral (6 sièges) et de 10 en Wallonie (4 sièges). En l’état, ce score ne permettra pas à cette formation de constituer un groupe politique au sein du Parlement wallon, avec tout ce que cela implique au niveau de son financement quotidien.

Enfin, s’il faut se réjouir de voir le Vlaams Belang perdre 9 sièges au Parlement fédéral (3 sièges) et 15 sièges en Flandre (6 sièges), il faut aussi constater la progression du Parti Populaire qui maintient son siège au fédéral et en obtient un en Wallonie. Reste donc le score du PTB-Go. Avec 2 strapontins au fédéral, 2 en Wallonie et 4 à Bruxelles, cette formation réalise une réelle percée, sans pour autant être en mesure de réellement peser sur la vie parlementaire. Si on lit bien les interviews données par les représentants de ce parti, ils souhaitent s’occuper de l’ouverture des fenêtres des Parlements : peu de chance en effet qu’ils puissent s’occuper d’autre chose que de la quincaillerie. Quelques petites réflexions, maintenant : tout d’abord, en couplant l’ensemble des élections le même jour, on a obtenu des résultats à peu près identiques pour chacune des institutions. Ce n’est pas une surprise. Cependant, il y a là une incohérence par rapport aux différents niveaux de pouvoir : la politique du Gouvernement wallon n’était pas celle du Gouvernement fédéral, l’électeur l’a pourtant traitée de la même manière, c’est une forme de négation du fait fédéral. Par ailleurs, on constate une fois de plus des résultats forts contrastés entre Nord et Sud. De Wever n’a pas tort lorsqu’il parle d’un pays coexistant avec deux démocraties : les électeurs flamands d’une part, wallons et bruxellois d’autre part, ont manifestement des aspirations fort éloignées.

Des voix s’élèvent ici et là pour demander de coupler la constitution des différents gouvernements. Outre le fait qu’il s’agit d’une autre négation du fait fédéral, c’est oublier un peu vite que si la Belgique a continué de fonctionner durant les 541 jours de crise politique, c’est surtout parce que les gouvernements régionaux et communautaires étaient en place et fonctionnaient normalement. La sixième réforme de l’Etat a encore renforcé ce fait fédéral et le travail est encore immense pour mettre en œuvre cette dernière réforme, notamment en Wallonie. Il n’y a donc pas de temps à perdre, et il serait dangereux d’hypothéquer la bonne gestion des affaires wallonnes sur l’autel d’un belgicanisme tenant de plus en plus du fantasme que de la réalité politique.

Enfin, cinq ans nous séparent dorénavant des futures élections. En politique, c’est très long. On pourrait s’étendre à l’envi sur l’ensemble des opportunités que ce temps long peut offrir. Une mise en garde cependant adressée au parti socialiste : la balle n’est pas passée loin ! Ne persistez pas à sacrifier les aspirations de votre électorat pour prix d’une loyauté fédérale illusoire, vous n’y perdriez pas que votre âme !

Bernard Bolly

 

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