/TR>
Ecrivez-nous Accueil Indice Imprimer S'abonner A propos de nous... Nos autres sites www.6com.be Plan du site
Inscrivez-vous
L'actualité Edito; Vie syndicale 6cofiches Dossiers Liens

Bienvenue sur 6com.be
27 Novembre 2021

:: Nos éditos ::

Un dilemme vieux comme la gauche (05/05/2014)

Assez naturellement, plus les élections du 25 mai approchent, plus la nervosité est grande, à l’exacte mesure des enjeux. La gauche au sens large n’y échappe pas, avec notamment la perspective d’une poussée du PTB-GO, parti qui suscite l’enthousiasme de certains mais la réticence de beaucoup. Pour la FGTB-Métal Liège-Luxembourg, les balises de la réflexion ont été fixées il y a peu par le Président Francis Gomez dans une livraison du mensuel Rouge Métal. Mais si l’on quitte la réflexion pré-électorale pour une analyse plus politicienne des choses (ce qui me donne l’occasion de rappeler que les éditoriaux de 6com sont des points de vue individuels, donc non structurels), on voit que le débat est largement biaisé par quelques éléments.

Certes, toute voix qui va au PTB-GO (ou à la kyrielle de formations qui sont nées ces élections-ci) est une voix de moins pour les partis traditionnels, et surtout, a priori, pour le PS ou Ecolo. Ces quelques pourcents en moins compteront dans une négociation, puisque les différences de poids électoral entre, par exemple, PS et MR, seront moins grandes. Mais si le rapport de force est beaucoup en politique, il n’est pas tout. Il faut aussi prendre en compte le niveau de représentation dans les assemblées. Or, sur ce plan, les sièges PTB-GO, par exemple, ne feront que renforcer le caractère incontournable d’un parti comme le PS, puisqu’on voit assez mal le petit nouveau s’emmacraler dès le début dans des stratégies de compromis et de participation. Même un haut score ne changerait rien à l’affaire, comme l’a démontré l’évolution de la vie politique en Italie après le score étonnant de Beppe Grillo (qui, je l’admets, n’a rien à voir avec le PTB-GO : mais les mécanismes politiques sont les mêmes).

Autre problème : ce scrutin donne l’impression que les enjeux politiques réels se situent en dehors du champ d’action des principaux acteurs. La NV-A veut liquider le PS des cercles de pouvoir : mais elle ne peut rien faire contre ce parti, puisque, tout simplement, elle n’est pas candidate au Sud. Pas plus que le PS n’est candidat au Nord. Or, pour le PS et, d’ailleurs, tous ceux qui se réclament de la gauche en général, le parti qu’il faut absolument empêcher d’entrer rue de la Loi, c’est la NV-A, parce que tout qui sait lire a compris que le programme socio-économique de la NV-A était d’une droite absolue, un catalogue d’horreurs qui explosera la société belge.

Cela explique que le PS appelle au rassemblement, pour obtenir, au moins, la possibilité d’un blocage qui, comme en 2009, a fini par permettre de contourner l’obstacle. Le PS a besoin pour cela de toute sa force régionale, thème qui, lorsqu’on lit son programme, n’intéresse que fort modérément le PTB-GO.

Et donc, les critères de choix des grands partis deviennent des critères d’opposition, ce qui est rigoureusement incompatible avec d’autres choix plutôt mis en avant par les petits partis : défendre d’abord et coûte que coûte des valeurs et advienne que pourra… Bien sûr, d’autres éléments entrent en compte. Mais rien que ces deux-ci expliquent qu’à gauche, comme l’a montré le Premier Mai, une certaine nervosité gagne. C’est, comme souvent dans toute l’histoire du mouvement ouvrier, le choix entre le pragmatisme et l’idéalisme, accentué chez nous par le mode proportionnel de scrutin (même si l’exemple de la France démontre que l’idéalisme ne triomphe pas non plus dans les régimes majoritaires…).

Le vote est une question strictement individuelle, et le temps des consignes est bien révolu. Mais s’il est individuel, il ne doit pas être émotionnel. Et c’est peut-être l’écueil le plus important à éviter…

Fabrice Jacquemart

 

Retour

Copyright © 2002 @beris.com
Telephone : +32 (0)4 349 07 05