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27 Novembre 2021

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A trois mois de tous les dangers (24/02/2014)

Comme le veut la formule consacrée, un sondage n’est jamais qu’un sondage, a fortiori à trois mois, quasi jour pour jour, des élections, d’autant plus que dans les dernières enquêtes d’opinion qui viennent d’être publiées, le nombre d’indécis reste important. La campagne électorale qui bat déjà son plein aura donc du sens. Mais, dans ces récentes études, trois éléments sortent du lot.

1. Le PS n’est, au vu de ces résultats, plus incontournable en Région wallonne. Depuis le début des années nonante, les experts du parti à la rose ont constamment jugé qu’en atteignant un seuil de 31 % des votes au Parlement wallon, le PS est dans une situation telle qu’il est impossible de constituer une majorité sans lui. Entre 30 et 31 %, cela dépend beaucoup de la manière dont « tombent » les sièges dans les partis, après dévolution. En-dessous de 30 %, les autres partis peuvent « faire sans ». Le PS est crédité aujourd’hui de 28 %. Et rappelons que le PS a toujours utilisé sa force régionale pour « grimper » au fédéral et cela à une époque où les scrutins n’étaient pas nécessairement jumelés, comme ce sera le cas en mai prochain.

2. Le Premier ministre fédéral est incontestablement populaire, même en Flandre. Il n’y a donc plus de corrélation nécessaire entre l’image du Premier ministre et la cote de son parti (ou de sa famille politique), comme s’il fallait ainsi illustrer les reproches fait à gauche à Elio di Rupo, à savoir déserter, en actes comme en pensée, les rivages socialistes.

3. Les petits partis montent et dépassent le seuil d’éligibilité, au moins pour deux d’entre eux, le Parti Populaire, franchement à droite, et le PTB, autoproclamé très à gauche. Les « mécontents » ont toujours trouvé un point de chute dans les « petits » partis. Ils y rejoignent là- bas des gens de conviction, mais pour exprimer, eux, la contestation de la politique classique. Ce fut le cas lors de la poussée des partis wallons ou francophones, ce fut le cas aux débuts d’Ecolo, ce fut même l’explication partielle du score de certaines énormes machines à voix, type José Happart. Ces voix protestataires risquent cette fois de se disperser, mais elles paraissent globalement plus nombreuses. Avec deux conséquences contradictoires : un blocage plus fort des institutions de l’après-élections mais aussi, pour le PS, un abaissement du seuil d’incontournabilité , puisqu’on voit tout de même mal PTB ou PP, pour ne citer qu’eux, soutenir une majorité gouvernementale.

A ces constats s’en ajoute un qui, lui, n’est pas neuf : la N-VA a cessé de grimper, mais elle continue à caracoler en tête en Flandre. Elle y est, elle, d’autant plus incontournable, avec ses 32 ou 33 %, que le Vlaams Belang reste dans les 9%. Avec 41 %, dans un Parlement dont les membres sont désignés au scrutin proportionnel comme l’est le Vlaams Parlement, on a, en principe, une majorité gouvernementale : et on ne voit pas ce qui empêcherait De Wever, fort de son score, de verrouiller la Flandre avec un Vlaams Belang dont les élus seront, eux, en train de jouer leur survie politique. Tout cela tisse une toile extrêmement complexe, mais renforce une inquiétude qui sourd depuis quelques années : le 25 mai soir, tout, y compris le sort de la Wallonie, pourrait se jouer en Flandre.

Voici dix ou quinze ans, qui aurait imaginé qu’on en reviendrait à ça ?

Fabrice Jacquemart

 

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