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27 Novembre 2021

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Populistes de tous les pays, unissez-vous… (17/02/2014)

Les résultats du récent référendum suisse permettent de tirer un parallèle avec l’évolution de l’opinion publique en Flandre. Au mois de décembre 2013, le Service d’Etudes du gouvernement flamand avait demandé aux Flamands d’imaginer leur quartier idéal. Quarante-cinq pour cent des interrogés rêvaient alors d’un quartier sans habitants d’origine étrangère. Selon le même sondage, 47 pour cent des Flamands pensaient que les étrangers viennent s’installer en Flandre pour profiter de la sécurité sociale. Ce qui n’est pas très éloigné du résultat suisse. Pour les initiateurs de la votation en Suisse, l'Union démocratique du centre (UDC), un parti populiste de droite, l’immigration massive devrait être limitée, mais également le nombre de travailleurs frontaliers, c'est-à-dire ceux qui travaillent en Suisse mais qui vivent à l'extérieur. Avec un taux de participation de 56 %, un peu plus d'un quart de tous les Suisses ont voté pour réduire le nombre d’étrangers, et pour empêcher l’«aliénation» de la Suisse.

Mais gardons-nous d’accuser trop vite les citoyens de la Suisse de xénophobie et dire que le populisme de droite aura un grand potentiel dans ce pays. Certes il y a un potentiel, mais pas plus que dans d’autres pays. Rappelons-nous que l’enquête menée en Flandre avait relevé qu’une bonne partie de la population flamande est hantée par la nostalgie d’une Flandre qui n’a probablement jamais existé, c’est-à-dire d’une Flandre blanche. Pourtant on ne peut pas parler en Flandre d’une montée d’un racisme pur et dur, comme en France, en Italie ou en Grèce. Mais cette région prospère de l’Europe a tellement peur de perdre sa richesse matérielle que sa population se protège en se berçant d’illusions. Près de la moitié des Flamands rêvent donc toujours que leur quartier soit une oasis insulaire de l’homme blanc. Comme les citoyens suisses qui pensent que le repli sur ses propres terres puisse être la solution des problèmes.

Il y a un autre point commun entre la Suisse et la Flandre. Dans presque tous les pays où les partis de droite gagnent rapidement du terrain, ce sont les responsables politiques en place qui ne parviennent pas à donner des réponses claires face aux défis d’une économie de plus en plus globalisée et européenne, de sorte que la solution du repli sur le terrain national ou régional paraît être la plus adaptée pour sauver son petit monde. Pourtant une analyse claire et lucide de la crise de l'euro et un débat politique constructif sur la manière de la solutionner, permettrait de surmonter rapidement les craintes exprimées par les populations.

Malheureusement, les discussions ne sont pas menées de manière rationnelle et logique. On continue à discuter dans des schémas idéologiques qui vantent le libre-échange sans entraves et la flexibilité individuelle. Si le libre-échange marchait réellement, s’il apportait le plein emploi et si tous les êtres humains avaient une perspective d'amélioration des conditions de vie dans leur propre pays, on pourrait réellement qualifier les Suisses et les Flamands de xénophobes et de racistes.

Mais il y a également une autre évidence. Les résultats de la droite populiste en Suisse, en Flandre, aux Pays-Bas et ailleurs sont en fait l’expression de l’incapacité des partis de gauche européens à mobiliser pour un projet d’avenir. Dans un contexte de mondialisation économique et une européanisation des relations de travail, la gauche politique et syndicale doit surmonter ces divisions historiques pour formuler un projet de société commun. Si elle rate ce tournant, elle risque d’offrir une voie royale à toutes formes de populisme.

Heinz Evertz

 

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