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27 Novembre 2021

:: Nos éditos ::

Le seul Black était payé en noir (03/02/2014)

Ne pas voter extrême droite paraît relever de l’évidence. Pourtant, à nos frontières, y compris la linguistique, d’aucuns caressent le noir dessein d’apporter, le 25 mai ou plus tard, leur suffrage à ces partis qui ne demandent qu’à nous faire marcher au pas cadencé. Et plus près de nous, en terre wallonne, les rayons seraient moins remplis de chemises brunes si celles-ci trouvaient des corps à vêtir pour grossir les rangs d’une droite extrême fort heureusement trop dispersée pour nuire.

Il n’empêche. Une courte histoire vraie vaut mieux que tous les traités et autres pensums pour nous rappeler à quel point se laisser tenter par les nostalgiques de la croix gammée peut avoir des conséquences désastreuses. Un peu par hasard, l’autre jour, sur le site internet du Vif, j’ai eu l’attention captée par la photo d’un jeune Guinéen sous le titre : « Mamadou Bah, réfugié en Belgique pour échapper aux néonazis grecs ». Entendez, l’Aube dorée, ce mouvement né sur le terreau de la crise hellène et qui, malgré l’emprisonnement de certains de ses leaders, continue à sévir au Parlement et visiblement dans les rues.
Mamadou en a fait la triste expérience, quand un jour de l’été dernier, il a été pris en chasse par quatre motos conduisant huit crânes rasés et autant de paires de gros bras bien décidés à « s’offrir un Africain ». Il a été frappé à la tête avec une barre de fer. Le jeune homme n’a même pas osé se plaindre à la police. Et pour cause. Un peu plus tôt, il s’était fait « taxer » de 40 euros par les flics lors d’un contrôle. Un de ceux qui peut parfois se solder par faire descendre tous les étrangers d’un autobus.
 40 euros, c’était pour Mamadou, l’équivalent de près de deux jours de travail. Plongeur dans un restaurant, il percevait 25 euros pour 12 heures de travail par jour, soit 2 euros de l’heure. Vous parlez d’un salaire minimum et encore moins garanti. Il témoigne non sans ironie: « On était 18 Blancs et moi. Seul le black était payé en noir ».  Après un an, le patron grec de Mamadou lui a dit : « Je paierai jamais d’impôt pour un Africain ».
Le jeune Guinéen a depuis octobre, rejoint la Belgique. C’est sa troisième escale depuis qu’il a quitté son pays via la Turquie et donc la Grèce. Il espère que notre pays sera un meilleur port d’attache. Même si la politique actuelle n’est guère tournée vers un accueil à bras ouverts, Mamadou a déjà obtenu le statut de demandeur d’asile. Ce gars-là, on devrait le faire venir dans les écoles et même certaines assemblées pour qu’il raconte son histoire. Presque sûr qu’après ça, l’extrême droite, elle flirterait avec le zéro.
Bonne semaine
Olivier Colot

 

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