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27 Novembre 2021

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Au PS, rien de nouveau (21/01/2013)

Le parti socialiste – c’est lui-même qui le dit – vient donc de se mettre en « ordre de marche » pour la méga-élection de 2014. Cela veut donc dire qu’il ne l’était même pas à ses yeux, et cela veut donc dire que toutes les critiques qui ont fusé ces derniers mois sur la perte des repères de gauche dans l’action du parti et de ses représentants aux gouvernements n’étaient pas sans fondement. Décidément, dans la roue de Lance Armstrong, la semaine dernière était celle de tous les aveux. D’ailleurs, ce vendredi, et sans doute par simple coïncidence, le même journal (Le Soir) publiait deux pages sur le changement au PS et, quelques colonnes plus loin, un poignant reportage sur les restos du cœur de… Mons où viennent parfois manger des personnes qui ont pourtant un emploi, mais un emploi insuffisant pour vivre. Le PS est revenu au pouvoir en 1988. Que vingt-cinq ans après, dans la ville même de son omnipuissant leader Elio Di Rupo, on en soit là laisse rêveur sur la marge qui existe entre un programme assez généreux et ce qui se passe sur le terrain : le Belge lambda s’appauvrit, et ce qu’on lui promet est une couche d’appauvrissement supplémentaire. Mais bon, tout cela va-t-il changer maintenant que le parti est, enfin, « en ordre de marche » ? Autant doucher tout de suite les enthousiasmes : ce qui s’est passé cette semaine n’est qu’une simple opération de com’, si professionnellement menée soit-elle. On remplace un prédisent ff., Thierry Giet, un « gars honnête loyal et droit » chantait Brigitte Bardot quand elle avait des maîtres à penser, par un Paul Magnette tout aussi intelligent mais aux allures de rock star ou de gendre idéal, chacun s’y retrouvera.

Certes, être en ordre de marche, c’est aussi avoir à sa tête un homme capable d’entraîner la piétaille plutôt que de bivouaquer sans fin en expliquant qu’on est là pour « concilier les points de vue de chacun » (Paul Magnette à propos de Thierry Giet), ce qui est justement l’inverse de ce qu’on attend d’un leader politique en général et d’un président du PS en particulier. Mais si le visage change, la structure reste la même. Magnette est tout aussi « Di Rupo’s Boy » que Giet et, surtout, il n’est toujours que président faisant fonction. Le Premier ministre ne semble toujours pas avoir compris qu’en cumulant les fonctions de président en titre du PS et de Premier ministre, il rend impossible, au sein du PS, l’expression de positions plus radicales sur l’action gouvernementale et sur les objectifs de la gauche. Ou plutôt si : Di Rupo l’a parfaitement compris, et il n’en veut surtout pas.

Et c’est là que cela pourrait très vite coincer, à nouveau. L’arrivée de Jean-Pascal Labille et de son authentique fibre sociale au fédéral est une chance, mais le portefeuille dont il hérite ne risque pas de lui donner de grandes occasions d’exprimer sa différence. Tout change, et tout va rester pareil ? En lisant les communiqués publiés côté socialiste à l’occasion de ce remaniement, on est tout de même frappé par leur laconisme. On n’y trouve aucune perspective nouvelle, ni la moindre trace d’une quelconque réorientation. Magnette, plus branché que le très coincé Giet, sera chargé de faire passer une politique dont le PS n’annonce pas le moindre début de remise en cause. Certes, on ne s’attendait pas, dans un tel contexte, à un appel au Grand Soir. Mais rien, c’est rien…

Or, il y a sur la table du gouvernement une flopée de dossiers sur lesquelles la marque socialiste, pourrait, un peu, se distinguer. Le PS n’est pas seul et doit tenir compte de ses partenaires ? Bien sûr, et il en sera toujours ainsi en Belgique : ce n’est pas un élément surprise et on peut supposer que les partis en tiennent compte quand ils rédigent leur programme. En outre, on nous a bien expliqué que le PS avait, au sein du gouvernement fédéral, un rapport de force parmi les plus importants qu’il ait jamais eu. Soit. Mais quelle réforme emblématique de ses valeurs de gauche le PS de Di Rupo a-t-il obtenu ? Qu’est-ce qui pourrait, par exemple, se comparer symboliquement au résultat du MR qui est parvenu, pour la première fois, à aligner la pension minimum des indépendants sur celle des salariés ?

Le PS, contrairement à un De Wever, a commis l’erreur d’aller s’emberlificoter dans ce gouvernement fédéral. L’Etat Belgique a été sauvé par la « responsabilité » socialiste, mais cela fait une belle jambe à l’utilisateur des restos du cœur montois ou à tous ces chômeurs qui voient leur allocation fondre peu à peu. Où est le désir de transformation sociale ? Ces interrogations ne sont pas neuves, et c’est bien là le problème à une grosse année des élections. Le PS a tenu jusqu’ici ses positions parce que, malgré tout, il était porteur d’espoir ; les regrets qu’il suscitait souvent étaient, lors des scrutins, annihilés par la formidable implantation locale du parti, qui permettait toujours de remobiliser envers et contre tout.

L’implantation locale se déglingue peu à peu comme l’ont montré les dernières élections communales. Si Magnette ne frappe pas vite et fort les esprits, autrement que par un sourire ravageur, les électeurs, cette fois-ci, ne passeront pas muscade.

Fabrice Jacquemart

 

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