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27 Novembre 2021

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Mi-temps (04/06/2012)

Comme le temps passe… On va arriver, en ce mois de juin, pile-poil au milieu de la législature. Autrement dit, dans deux ans, sauf si les événements se précipitent, les Belges devront retourner dans l’isoloir pour un « super dimanche » de vote, puisque le scrutin fédéral sera couplé au scrutin européen et que, sans doute, on y joindra le scrutin régional, ce qui aura pour effet de réduire le sens de ce dernier (puisque, tous les scrutins étant groupés, les électeurs feront des choix semblables, réduisant ainsi la possibilité d’avoir des majorités différentes selon le niveau de pouvoir ; c’est, clairement, une régression de fait de la fédéralisation). Sauf accident ? Certes, en politique, tout est toujours possible, mais cet accident-là est bien improbable. Ne serait-ce que parce qu’il mettrait par terre tout le « beau » mécanisme de la réorganisation du calendrier électoral, mais aussi, et surtout, parce qu’aucun des partis au pouvoir n’y a intérêt. Et c’est ça qui est inquiétant : à mi-législature, aucun des partis au pouvoir ne semble avoir encore tiré les marrons du feu. Bien sûr, me direz-vous, on a perdu beaucoup de temps pour le constituer, ce pouvoir. Et donc, même s’il vit jusqu’à son terme, on est encore loin de la moitié de l’existence du gouvernement Di Rupo. Il n’empêche : une fois sauté l’obstacle des communales (octobre), probablement moment très sismique en Flandre, il ne restera plus aux partis au pouvoir que quelques mois pour faire la différence. Cette différence qui doit être marquée pour contenir la NV-A, laquelle semble pour l’instant insubmersible, ce qui suffit à ôter aux trois groupes politiques actuellement au pouvoir toute tentation de jouer avec le feu. La famille socialiste ? Le moteur y tourne en tous cas plus bas qu’en 2010, année triomphale. Di Rupo a beaucoup lâché de ses valeurs pour s’installer au 16, et le « peuple de gauche » s’en rend compte. Le PS semble s’accrocher aux déclarations de François Hollande comme à une bouée de sauvetage, mais le parti ne va pas bien, tout le monde le sait et l’entend. Les forces « à la gauche » du PS, qu’elles existent déjà ou qu’elles soient en voie de création, finiront toujours bien par récupérer quelques pourcents bien utiles dans un paysage politique serré. D’autant que les effets concrets de l’austérité-qu-on-doit-appeler-rigueur se seront, à ce moment-là, réellement fait sentir. Quant au sp.a, s’il va mieux à en croire les enquêtes d’opinion, il n’en est tout de même pas à pouvoir quitter l’hôpital. Chez les libéraux, ça ne va pas mieux non plus. L’Open VLD reste fort fermé sur lui-même, et la fédération libéralo-FDF commence à ressembler aux deux Soudan après la sécession. Et les sociaux-chrétiens enfin n’ont pas résolu leur problème de leadership, ni au nord, ni au sud. Tout cela ne serait que des péripéties politiques, si cela ne commençait pas à faire flotter un petit air d’échec sur ce qui était au fond la principale justification de l’existence de ce gouvernement : faire pièce à la NV-A. La mise au net de l’accord institutionnel d’octobre dernier, à laquelle la coalition vient de s’atteler, devrait sans doute abolir quelques obstacles. Mais cela risque de ne pas suffire, parce que le blocage des dernières années n’est pas qu’institutionnel. Il venait aussi, et surtout, d’une fracture sociale croissante entre une vision ultraconservatrice de la gestion du pays, façon NV-A, et les aspirations d’une partie de l’opinion à infléchir le cours des choses dans le sens d’une plus grande solidarité et des réductions des inégalités. Ce chemin-là, le gouvernement ne l’a pas pris : il est moins une s’il veut encore faire demi-tour.

Fabrice Jaquemart

 

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