/TR>
Ecrivez-nous Accueil Indice Imprimer S'abonner A propos de nous... Nos autres sites www.6com.be Plan du site
Inscrivez-vous
L'actualité Edito; Vie syndicale 6cofiches Dossiers Liens

Bienvenue sur 6com.be
27 Novembre 2021

:: Nos éditos ::

France : au pays du camembert, le Président est roi (16/04/2012)

Plus que six fois faire dodo avant de connaître les deux heureux élus qui se disputeront le titre de locataire de l’Elysée pour les cinq prochaines années. A moins que, hypothèses fort improbables, le meilleur ait la majorité absolue au soir du 22 avril ou que l’un des candidats trépasse d’ici le prochain dimanche. Dans le premier cas, il n’y aurait pas de second tour et dans le second, l’élection serait reportée pour cause d’ «empêchement ». Qui donc émergera si l’on adopte le précepte qu’il y aura bien un second tour le 6 mai ? Sans jouer les Madame Soleil, il ne faut pas être diplômé de Harvard pour s’attendre à un match de catch à quatre d’ici dimanche entre Sarkozy, Hollande, Mélenchon et Le Pen. Plus que sur ces propres qualités et/ou défauts, ce quatuor doit toutefois compter avec un paramètre que certains ont parfois tendance à négliger : le Français.

 

A l’instar du Liégeois, qui fête soit dit en passant le 14 juillet comme nulle part ailleurs, le Français est un grand râleur. Tous les cinq ans, il a une occasion unique d’exprimer son ras-le-bol en votant pour une personne dont il sait au plus profond de lui-même qu’il ne la voudrait jamais comme président de la République. C’est le premier effet pervers du premier tour. Je râle donc je vote pour un candidat d’un mouvement protestataire qui n’a de toute manière aucune chance d’accéder à la fonction suprême. En principe, c’est sans danger puisqu’il y a un second tour et que je pourrai dès lors émettre un vote plus « sensé » quinze jours plus tard en faveur d’un candidat « consensuel » qui aura forcément émergé à la première échéance.

 

Ce raisonnement a tenu la route jusqu’en 2002. En ce jour d’avril d’il y a dix ans, c’est la bobine de Le Pen qui est apparue à côté de celle de Chirac. Et pas comme attendue, celle du socialiste Lionel Jospin retraité définitivement de la politique depuis lors. Cette mauvaise «surprise » a été attribuée à une forte abstention, les « satisfaits » ne s’étant pas suffisamment rendus aux urnes au contraire des mécontents. Le caractère facultatif du vote, c’est le deuxième effet pervers du premier tour qui, conjugué à l’inévitable dispersion des suffrages au vu du grand nombre de candidats, fut fatal à Jospin. On sait ce qu’il advint. La gauche socialiste dut se mobiliser pour voter à contrecœur en faveur de Chirac. On peut toutefois se demander quelle aurait été son attitude si une personnalité plus marquée à gauche, Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), par exemple, s’était retrouvée face au Corrézien au second tour. Au bout de l’analyse, il était finalement très confortable pour le PS français d’appeler à voter Chirac, le démocrate ou réputé tel, contre Le Pen, le fasciste honni.

 

Aujourd’hui, le peu de charisme de François Hollande et le bilan catastrophique de Sarkozy n’excluent pas un remake de 2002. Sauf que cette fois, cela pourrait bien être Mélenchon et son Front de gauche en pleine ascension qui apparaîtront au second tour. Si cela devait être, il serait assez piquant de voir la position du PS. Soutenir Mélenchon et les communistes, ennemis de toujours, puis une fois Mélenchon président, aller faire l’aumône pour obtenir l’un ou l’autre maroquin ministériel? Ce serait une double humiliation pour Aubry, Royal et leurs boys qui, près de vingt ans après, ne se sont toujours pas remis de la disparition de François Mitterrand. Rendez-vous donc dans quelques jours pour mesurer le caractère purement fictif du scénario.

 

Olivier Colot

 

Retour

Copyright © 2002 @beris.com
Telephone : +32 (0)4 349 07 05