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27 Novembre 2021

:: Nos éditos ::

Un gouvernement avec ou sans la N-VA? (06/02/2012)

Lestée depuis deux mois d’un gouvernement de perdants, la Belgique ne pouvait dès lors être dotée que d’un budget de perdants. Un budget, c’est fragile, ce ne sont que des prévisions de dépenses et de recettes plus ou moins incertaines. Alors, on prévoit des dépenses et des recettes… qu’on va déjà revoir dans le courant de ce mois à la faveur d’un contrôle budgétaire car l’Europe a déjà sorti les crocs pour dire qu’il fallait faire plus de sacrifices.

Comme il faut limiter le déficit sous peine de s’attirer les foudres de la mère Merkel, la donneuse de leçons en chef qui n’a rien à envier à la peu regrettée britannique Margaret Thatcher, nos gouvernants limitent les dépenses et augmentent les recettes. Une équation qui  allie bien les intérêts de la droite plutôt favorable aux limitations de dépenses et ceux de la gauche (ou prétendue telle) qui plaide naturellement pour des rentrées plus élevées. Avec des compromis, des consensus, des fausses bouderies, des pirouettes de divas pour finalement se retrouver autour de la table royale en bonnes intelligence et compagnie pour y déguster des ravioles de homard et s’extasier sur le dernier bibi de la princesse Mathilde.
Gauche et droite « traditionnelles » ont tiré les marrons d’un feu certes attisé par la N-VA (dont tout le monde a oublié qu’elle a remporté les élections de 2010), mais qui finalement leur a permis de former une coalition de perdants-gagnants. A ceci près que, avec les élections communales et provinciales en perspective, les partis flamands au gouvernement roulent des mécaniques pour voler un maximum d’électeurs à De Wever et ses coreligionnaires. Avoir le mangeur de gaufres (wafel vriend) dans l’opposition, c’est bien, mais limiter le nombre de mayorats que va rafler la N-VA en octobre, c’est encore mieux surtout que d’aucuns en Flandre sont peu (euphémisme!) satisfaits de la réforme de l’Etat.
Au premier rang du «qui perd gagne» et des Musclor d’opérette, l’Open VLD dont tout le monde a oublié que c’est son président Alexander De Croo qui fait chuter la coalition précédente. Les libéraux flamands n’en sont pas moins arrogants. Avec deux réactionnaires à des postes-clés, Vincent Van Quickenborne aux Pensions et à la Justice, Turtelboom, une véritable calamité qui n’a laissé que des ruines dans les ministères qu’elle a occupés. Le crédit dont jouit l’Annemie ne peut que laisser pantois. Mais bon, on a déjà entendu ça à Liège: « C’est une bièsse, mais c’est noss’bièsse ». N’oublions pas à cet égard à la Politique d’Asile, Maggie De Block, qui pourrait jouer dans la Panzer division dans le championnat de foot allemand.
Le CD&V n’est pas en reste. Il a lancé récemment l’idée d’un saut d’index, s’attirant ainsi, comme il s’y attendait, voire l’espérait, une vive réaction du PS qui a rappelé que tant que les socialistes (en tout cas francophones) seront au gouvernement, on ne touchera pas à l’indexation. Cracher en l’air sans frais, c’est ce qu’a fait le CD&V. Et c’était aussi tout bénef’ pour le PS qui a pu, pour qui n’en était plus très sûr, on ne sait jamais camarade président, ainsi revitaliser un pan de ses convictions profondes.
Ce n’est pas triste non plus au SP.a, tout heureux, quoique, de se retrouver dans le gouvernement de perdants. La brillante Monica De Coninck, bombardée ministre de l’Emploi, en a déjà fait de belles en surfant sur la vague de la droite. En osant « Il y a de l’emploi pour tout le monde, puisqu’il y a des postes qui restent vacants » et en imposant le respect de quotas par âge en cas de licenciement collectif, elle n’a pas affiché très ostensiblement une quelconque fibre sociale, ayant sans doute besoin de rompre définitivement avec son passé de présidente du CPAS d’Anvers. Gardons toujours à l’esprit que dans l’expression « socialiste flamand », il y a surtout « flamand ».
Quand on fait le bilan de ces débordements, qui en laissent présager d’autres, on se demande si finalement la N-VA, sans être dans la coalition, n’en a pas moins obtenu maints échos à son programme. Un peu comme Sarkozy quand il se met à promouvoir des idées proches du Front National. Courir derrière les autres, et c’est également vrai en d’autres domaines, n’apporte rien ou très peu. Il s’agit juste d’un manque d’imagination, voire d’intelligence.
La prochaine fois, si vous êtes sages, on fera le tour des partis francophones. Ce n’est pas la matière qui manque, même si nos élus préfèrent s’embrocher sur le terrain miné des entités fédérées. Ca ne mange pas de pain et surtout pas celui de Di Rupo. Le Premier continue à régner tant sur le pays que sur le parti, où il retournera vite fait si d’aventure, d’effet papillon en effet papillon, la tripartite devait voler en éclats.
Olivier Colot

 

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