Le Produit intérieur brut (PIB)
Le produit intérieur brut (PIB) est une mesure de la valeur de l’ensemble des biens et services produits sur le territoire d’un pays donné (ou d’une région) au cours d’une période déterminée - en général une année, parfois un trimestre -, quelle que soit la nationalité des producteurs pourvu qu’ils y soient résidents.
Le PIB correspond dès lors à la valeur totale de la production économique interne de biens et services marchands par l’ensemble des agents économiques résidents (ménages, entreprises, administrations publiques, etc.), à l’intérieur du territoire national ou régional.
Afin d’éviter que la même production soit comptabilisée plus d’une fois dans le calcul, ne sont intégrés au PIB que les biens et services finaux (de consommation et d’équipement), les biens semi-finis ou intermédiaires de production étant exclus.
Par exemple, la valeur de la production ou de la transformation des ingrédients nécessaires à la fabrication d’un pain prêt à la consommation - tels que le blé, l’eau, le levain, etc. - n’est pas comptabilisée pour calculer le PIB : seule la valeur finale du pain l’est, donc la somme des valeurs ajoutées des ingrédients et services nécessaires à sa production.
Le PIB et la croissance du PIB sont devenus deux des plus importants indicateurs permettant de juger du niveau de l’activité économique d’un pays, d’une région. Croissance économique et croissance du PIB sont devenues synonymes. Inversement, une diminution du PIB correspond à une récession, soit un recul de l’activité économique, de la création de richesse sur le territoire d’un pays ou d’une région.
CALCUL DU PIB
En théorie, le PIB peut être calculé selon trois méthodes : par la dépense, par les revenus ou par la production. Pour des raisons pratiques, on utilise essentiellement cette dernière. Selon cette technique, on additionne toutes les valeurs ajoutées des productions (biens et services) réalisées au cours d’une période déterminée, en se basant sur les résultats et données statistiques fournies par l’ensemble des administrations et entreprises résidentes.
PIB PAR HABITANT
Le produit intérieur brut par habitant (ou par tête) est la valeur du PIB divisée par le nombre d’habitants d’un pays (ou d’une région). Cet indicateur économique est plus efficace que le PIB pour mesurer tant le niveau de développement d’un pays (soit sa capacité productive s’il est exprimé en terme de croissance) que le niveau de productivité économique des travailleurs et des entreprises (privées comme publiques).
Néanmoins, il reste un indicateur imparfait car exprimé sous la forme d’une moyenne, il ne reflète pas l’état des inégalités parmi la population d’une région ou d’un pays donné. Dès lors, il ne permet pas de se faire une idée précise du niveau de bien-être de sa population ou du degré de réussite d’un territoire en matière de développement humain, socio-économique.
Tout comme le PIB par habitant ne montre pas non plus dans quelle mesure les richesses produites par les forces vives d’un pays sont réparties de manière équitable (ou non) entre ses habitants et ne peut donc pas se revendiquer comme étant un indicateur qui garantit la mesure du bonheur ou de la qualité de vie des citoyens habitant un territoire donné !
LIMITES ET DEFAUTS DANS LA DETERMINATION DU PIB
La plupart des critiques à l’égard du PIB (par habitant) mettent le plus souvent en évidence six limites majeures :
1. Son cloisonnement comptable. Donc son incapacité à chiffrer et comptabiliser les revenus du travail non déclaré (travail au noir), de l’économie souterraine dont la contribution à l’économie d’un pays peut être parfois considérable. C’est également le cas de l’autoproduction (et l’autoconsommation) de certains biens - par exemple, quand il s’agit de consommer les fruits et légumes du potager familial (contrairement au fait de les acheter au supermarché) - ou de certains services. Il s’agit notamment des services domestiques non rémunérés, effectués à titre gratuit au sein des familles (lessiver et repasser le linge, cuisiner, etc.), d’un même quartier ou d’une même communauté d’individus (comme le fait de tondre gratuitement la pelouse d’un voisin âgé de 90 ans ou d’aller faire ses achats au supermarché du village, etc.).
Ces services restent cependant indispensables au renforcement de la cohésion sociale, de la solidarité au sein d’un territoire. De toute évidence, ils contribuent au bien-être, à l’amélioration de la qualité de vie des habitants qui en bénéficient.
2. Son ignorance à l’égard de la valeur estimée du patrimoine (mais aussi du niveau d’endettement) des agents économiques. En effet, le PIB (par habitant) ne tient pas assez compte des actifs et passifs des ménages, entreprises et autorités publiques.
Le PIB ne considère pas l’actif et donc encore moins la qualité de cet actif. Par exemple, les créances douteuses (crédits accordés par les banques, mais dont on sait que l’emprunteur éprouvera des difficultés à les rembourser) ne contribuent pas à déterminer le niveau du PIB. Or quand elles gagnent en importance, ces créances constituent un danger pour la stabilité de l’économie, surtout dans les pays en voie de développement (ou émergents) où l’euphorie de la croissance économique soutenue a tendance à faire oublier aux banques les règles les plus élémentaires du contrôle des risques financiers.
3. L’indicateur économique qu’est le PIB (par habitant) ne reflète pas non plus les atteintes causées à l’environnement (comme la pollution) et aux ressources naturelles par les modes de production (ou de transformation de celles-ci).
Ainsi, dans le cas d’une production polluante, suivie d’un processus de dépollution, deux productions sont comptabilisées (dont une négative pour le niveau de bien-être des résidents de tout ou partie du territoire en question), pour un résultat final ‘nul’ (ou quasi nul). Tout comme le PIB ne comptabilise pas la valeur estimée des ressources naturelles ou minières diverses que peut receler un territoire.
4. Par ailleurs, dans le cas d’une catastrophe naturelle (inondations, ouragan, tremblement de terre, etc.), le produit intérieur brut ne comptabilise les destructions d’actifs (maisons, infrastructures, voies de communication, etc) qu’indirectement, à concurrence de l’impact sur la production. Donc moins que la perte nette d’actifs. Néanmoins, le PIB prend en considération les efforts d’interventions (médicales, sanitaires, etc.) et les reconstructions qui font suite au sinistre. La capacité à faire face à une catastrophe naturelle constitue effectivement une production exceptionnelle de richesse économique, qu’il semble donc normal de comptabiliser.
5. La non-comptabilisation des investissements directs réalisés par un pays à l’étranger. Ainsi, les entreprises belges qui investissent à l’étranger tendent à diminuer le propre PIB de la Belgique au profit des territoires bénéficiaires, tout comme les exportations belges augmentent le PIB des pays où elles y sont consommées finalement.
6. Enfin, il est malaisé de chiffrer la contribution des services non marchands et de l’administration publique à la richesse économique d’un pays (ou d’une région), étant donné que ces institutions ne facturent que très peu souvent leurs prestations aux usagers-consommateurs. Aussi, seuls leurs coûts sont comptabilisés au PIB.
En raison de ces limites évidentes, de nouveaux indicateurs ont vu le jour ces dernières années pour mieux appréhender, évaluer le bien-être social. C’est le cas notamment de l’Indice de développement humain (IDH) qui prend en considération les paramètres suivants : le PIB par habitant (exprimé en Parité de pouvoir d’achat), l’espérance de vie ainsi que le taux d’alphabétisation de la population d’un pays (ou d’une région).
QUELQUES CHIFFRES CLES[1]
Depuis le début des années 2000, le PIB en Belgique croît à un rythme d’environ 2,3 % en moyenne annuelle. Les prévisions actuelles portant sur 2008 font état d’une croissance (du PIB) de l’ordre de 2,2 %, en recul par rapport à 2006 (2,8 %) et aux chiffres (partiels) disponibles pour 2007 (2,5 %). Pour l’année 2006, concernant la Belgique, les données du FMI font état d’un PIB nominal par habitant de 25.316 euros (€), classée entre le Canada (26.497 €) et l’Australie (24.866 €).
A titre de comparaison, nos voisins, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas atteignent respectivement 23.948 €, 24.084 € et 27.599 €, les Etats-Unis affichent quant à eux un PIB/habitant de 30.061 €.
L’État qui affiche le plus haut niveau de PIB par habitant au monde est le Luxembourg (devant la Norvège et le Qatar) soit 59.833 €/habitant tandis que celui du dernier pays classé (le Malawi) est de seulement 116 € : quelque 515 fois moins que chez nos voisins luxembourgeois !
Notons également qu’avec 27 États membres, dotée d’un seul marché, d’une législation unique et d’une seule monnaie pour plusieurs de ses pays membres, donc fonctionnant presque comme un seul pays (économiquement parlant), la première puissance économique mondiale (en termes de valeur estimée de la richesse totale produite) est désormais l’Union européenne, dont le PIB a dépassé celui des Etats-Unis en 2004.
S.B. (nov 07)
[1] Chiffres 2006. FMI, Avril 2007.

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