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06 Mars 2021

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Le commerce équitable

 
Orientée vers la recherche effrénée de profits, fondée sur la spéculation à court terme, l’organisation de l’économie mondiale souffre de déséquilibres qui frappent particulièrement les petits agriculteurs (ou artisans) des pays du Sud. Les prix et les termes d’achat leur sont imposés sans aucune possibilité de négocier et le plus souvent, ces prix ne parviennent pas à couvrir les coûts de production.
 
Or, le commerce est indispensable à l’amélioration du bien-être dans toute société et fonde pour partie le lien social. Pourtant, son fonctionnement actuel s’opère régulièrement à l’insu et au détriment du petit producteur, qui n’est pas informé de la destination de son produit et qui se voit imposer les règles, les prix, voire les produits, par de puissants intermédiaires (centrales d’achats des grands distributeurs, groupes financiers ou industriels multinationaux, grandes marques commanditaires). C’est également le cas du consommateur qui ignore le plus souvent la provenance réelle des produits qu’il achète, et les conditions de travail, de rémunération (des travailleurs) dans lesquelles ils ont été élaborés.
 
Les conséquences de telles pratiques sont insupportables pour les micro-exploitants agricoles (et leurs familles) des pays en voie de développement. Les répercussions y sont immédiates sur l’éducation, l’alimentation, la santé et font vaciller dès lors l’environnement culturel, écologique, économique et social dans lequel ils vivent.
 
Aussi, face à ce constat, depuis plus de quarante ans, le commerce équitable propose une alternative efficace pour réduire les inégalités croissantes générées par le commerce international conventionnel et donner au travailleur des pays pauvres une place centrale dans les échanges.
 
 
Les principes du commerce équitable
 
Le commerce équitable repose sur les principes - et/ou poursuit les objectifs - majeurs suivants :
 
-        garantir une juste rémunération du travail des producteurs les plus défavorisés du Sud, leur permettant de rencontrer leurs besoins ainsi que ceux de leur famille (et/ou communauté),
-        contribuer à l’amélioration des moyens de subsistance et du bien-être des producteurs en question par l’accroissement de leurs parts de marché, le renforcement de leurs organisations, le paiement d’un prix plus équitable leur autorisant une stabilisation de leurs revenus,
-        garantir le respect des droits fondamentaux et la dignité des travailleurs du Sud, notamment en protégeant les plus exposés d’entre eux (femmes, enfants, etc.) contre l’exploitation au sein du processus de production et de distribution,
-        mener des campagnes pour faire évoluer les règles et pratiques du commerce international conventionnel, particulièrement en faveur des pays du Sud, et permettre à leurs produits de pénétrer les marchés (protégés) des pays industrialisés,
-        instaurer des relations commerciales durables entre partenaires, et donner par la même occasion l’exemple d’une collaboration basée sur le dialogue, la transparence et le respect,
-        favoriser la préservation de l’environnement, du cadre de vie, de travail des petits producteurs du Sud et promouvoir des programmes de développement économique et social durables,
-        proposer aux consommateurs des pays riches un panel toujours plus vaste de produits de qualité,
-        conscientiser ces mêmes consommateurs finaux sur les effets négatifs de la plupart des pratiques commerciales conventionnelles et les inviter à consommer ‘équitable’.
 
L’évolution du commerce équitable
 
 
Hier encore méconnu du grand public, le commerce équitable voit sa notoriété s’accroître significativement au lendemain du « Sommet de la Terre » à Rio (Brésil), en 1992, et tend à toucher un public toujours plus large, presque exclusivement dans les pays industrialisés.
 
De nombreuses initiatives efficaces (parfois très originales) voient régulièrement le jour sur le terrain du commerce alternatif, équitable : nouvelles filières de production, mécanismes de financement  autorisant une stabilisation tant des activités que des revenus des petits artisans et exploitants agricoles, diversification des familles de produits proposés, professionnalisation accrue des procédures de labellisation (donc aussi des systèmes de contrôles des filières et des pratiques qu’elles sous-tendent afin de respecter les principes énoncés ci-avant) et extension des canaux de distribution.
 
Ce dynamisme accru permet de soutenir aujourd’hui un nombre croissant de petits producteurs (donc de familles) - près de deux millions -, en Afrique, en Amérique Latine et en Asie.
 
En Belgique, ces quelques dernières années, le marché du commerce équitable a fortement progressé. En effet, depuis 2001, le chiffre d’affaires total des ventes « au détail » de produits du commerce équitable a augmenté de 83 %, pour passer de 16,8 millions d’euros à 30,6 millions d’euros, une hausse due essentiellement aux achats accrus des ménages[1].
 
En 2005, un peu plus de la moitié (54 %) de ce chiffre d’affaires était encore réalisée par les magasins et  organisations du commerce équitable[2], pour 36 % aujourd’hui. Ce sont les grands groupes de distribution (Carrefour/GB, Delhaize et Colruyt…Lidl entend ‘entrer en scène’ en 2008) qui génèrent désormais l’essentiel du chiffre d’affaires du secteur. Le reste étant assuré par d’autres enseignes plus modestes, détentrices de licence Max Havelaar.
 
Quant au commerce équitable « de gros », il continue lui aussi de se développer, bien que son poids ne représente encore que 0,03 % de l’ensemble du commerce. Les autorités peuvent jouer néanmoins un rôle non négligeable afin d’améliorer ce chiffre. A l’instar des fonctionnaires du Ministère de la Communauté flamande qui ont bu chacun, en moyenne, près de 2,5 kg de café équitable en 2005, les ministères fédéraux, ceux des régions wallonnes, bruxelloises et de la Communauté française commencent également à intégrer toujours plus de produits ‘équitables’ dans leurs politiques d’achat.
 
 
Les produits du commerce équitable
 
Les produits ‘équitables’ les plus consommés par les Belges sont les bananes (45.000 par jour), le café (340.000 tasses ingurgitées par jour) et le miel. Ces trois produits se taillent la plus grande part de marché, soit respectivement 4,85 %, 2,08 % et 4,38 %. Parmi l’alimentation, on retrouve entre autres du thé, du vin, du riz, du chocolat, du cacao, des jus de fruits, des biscuits, des crèmes glacées, etc. 
 
Mais au-delà des produits alimentaires, le commerce équitable propose également :
 
-        des produits d’artisanat et de décoration d’intérieur,
-        des textiles (habillement et ameublement), des fleurs (tout particulièrement des roses),
-        des produits cosmétiques (beurre de karité, huiles essentielles, coton hydrophile, etc.).
-        ou encore des voyages équitables et solidaires, orientés ‘Développement durable’.
 Les prix des produits ‘équitables’ sont-ils beaucoup plus élevés ?
 
 
Les résultats d’une étude récente, commandée par la Coopération Technique Belge et l’organisation Fair Trade, font apparaître que la différence de prix la plus significative porte surtout sur les aliments. En effet, sauf pour les boissons - les cafés et jus de fruits ‘équitables’ sont en moyenne meilleurs marchés que ceux vendus par les grandes marques -, l’ensemble des autres produits alimentaires du commerce équitable sont environ (en moyenne) 30 % plus chers que les produits équivalents proposés par les grandes marques. La différence de prix avec les produits ‘blancs’ (les premiers prix) est bien entendu encore plus grande.
 
Toutefois, les prix des produits (alimentaires) portant le label biologique seraient aussi élevés que ceux des produits affichant le label ‘produit du commerce équitable’. Quant aux autres catégories de produits - répertoriés dans les non alimentaires -, l’étude en question fait état d’une supériorité des prix des articles issus du commerce équitable de l’ordre de 18 % par rapport aux produits similaires dits de marques.
 
Les quelques chiffres-clés mentionnés ci-dessus montrent à suffisance que les consommateurs belges - et c’est encore plus vrai aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni - sont de plus en plus disposés à remplir davantage qu’auparavant leur caddie ou panier de produits labellisés, issus du commerce équitable, et donc à en payer le prix. Quand bien même ce prix est le plus souvent supérieur à celui d’un produit proposé par une grande marque multinationale.
 
 
Dans un environnement économique où il représente une niche qui suscite la convoitise des multinationales, le commerce équitable est-il en danger ?
 
 
Le grand public, les consommateurs ont besoin de références claires quant aux produits proposés sur le marché. L’éthique a le vent en poupe dans le monde des affaires où dominent effets d’annonce et bonnes intentions de façade. Aussi, un double défi apparaît en termes de clarté.
 
Parmi les organisations pionnières du commerce équitable d’abord, qui doivent rester particulièrement vigilantes quant à la clarté et l’exigence de leurs critères fondamentaux. Mais également quant aux objectifs initiaux du commerce équitable. Ensuite se multiplient aujourd’hui divers autres acteurs - particulièrement des multinationales de la distribution et de l’agro-alimentaire attirées par les profits non négligeables que peut leur procurer cette niche en pleine expansion -, qui sèment la confusion en proposant eux aussi des labels ou des étiquettes dits ‘équitables’, ‘éthiques’ voire ‘socialement responsables’. Il s’agit le plus souvent d’un excellent moyen, pour celles-ci, d’améliorer ou de restaurer une image de marque ternie par des pratiques (environnementales, économiques et/ou sociales) au demeurant…peu responsables !
 
Dans pareil contexte, seule une communication transparente, dynamique et récurrente de la part des organisations ‘historiques’ du secteur, à l’égard de l’ensemble des consommateurs, permettra au commerce équitable de le rester.
 
 
Liens utiles
 
Le site officiel de la Semaine du commerce équitable : www.befair.be
Le site de Max Havelaar (organisme de certification/labellisation des produits internationaux qui répondent aux critères du commerce équitable) : www.maxhavelaar.com/fr/
Le site d’Oxfam-Belgique, dédié au Commerce équitable : www.madeindignity.be

 
Stéphane BALTHAZAR


[2]  Fair Trade Original, Oxfam-Magasins du monde, Max Havelaar, Maya Fair Trade, Miel Maya Honing, Oxfam Fairtrade, Oxfam-Wereldwinkels, Citizen Dream, Wetladen, Sjamma et Tera Craft

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